15 avril 2019
Ouaga
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Réunion suspecte de complotistes fieffés à Ouaga
Hamed Bakayoko chez Roch Kaboré

Au Palais Présidentiel de Ouagadougou, une réunion top secret entre Roch Marc Christian Kaboré, président Burkinabé, et le ministre ivoirien de la Défense Hamed Bakayoko, en présence du juge du Tribunal militaire Sita Sangaré et du ministre burkinabé des Affaires étrangères Alpha Barry a été ténue le 12 avril 2019. Un nouveau complot à l’ordre du jour ?


Au Burkina Faso, le régime Kaboré peine à garantir la paix et la sécurité civiles. Manifestement, cette impuissance publique du leader du MPP, régime issu du coup d’Etat d’octobre 2014, continue d’inspirer la recherche de boucs-émissaires dans le pays et dans la sous-région Ouest africaine.

Le procès du putsch de septembre 2015, perpétré par le Général Diendéré, semble être en ce sens la mine d’or que les sécurocrates burkinabés et ivoiriens croient pouvoir exploiter pour éliminer leurs adversaires politiques respectifs. On fait mine d’ignorer, en effet, qu’il y a eu au moins trois putschs au Burkina Faso d’octobre 2014 à septembre 2015 : putsch du Chef d’Etat major de l’armée Général Honoré Nabéré Traoré contre le Président Compaoré ; putsch du Commandant en second du RSP le Lieutenant-Colonel Zida contre le Général Nabéré Traoré ; enfin putsch du Général Diendéré contre le régime putschiste Kafando-Zida en septembre 2015. Comment comprendre que les juges burkinabé ne s’intéressent qu’à un seul putsch, alors qu’il y en a eu trois avant ? Une justice à tête chercheuse ne saurait être garante ni de l’Etat de droit, ni de la démocratie auxquels aspire certainement le peuple burkinabé.

Et les choses se compliquent d’autant plus à Ouagadougou que le régime d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, croit avoir également trouvé dans le procès du putsch de septembre 2015, une occasion de se débarrasser du leader actuel de l’opposition nationale, le Président du Comité Politique Guillaume Kigbafori Soro. En tournée dans le nord de la Côte d’Ivoire depuis plusieurs jours, Guillaume Soro retourne et bêche vigoureusement la terre des consciences ivoiriennes, marquant à chaque village visité, à chaque campement traversé, dans chaque ville où la foule en liesse l’accueil, les pas de géant d’un conquérant politique de haute voltige. Paniqué par cette montée en puissance populaire de celui qu’Alassane Ouattara a pourtant chassé de la tête du parlement ivoirien par intolérance politique, le régime du RHDP réactive en permanence des solutions parallèles d’assassinat politique, voire physique de sa bête noire favorite : le Camarade Bogota.

Est-ce dans le cadre de cette quête d’échappatoires que le ministre ivoirien de la défense, Hamed Bakayoko, connu pour sa haine obsessionnelle envers le leader Guillaume Soro, est allé se concerter au palais présidentiel burkinabé avec le Président Kaboré, le ministre des affaires burkinabé Alpha Barry et le Président du Tribunal militaire de Ouagadougou, le colonel Sita Sangaré ? Une réunion très suspecte à rassemblé les quatre hommes. Sans doute pour fomenter un nouveau canular, un nouveau piège à cons pour haineux de tous bords. On sait en effet que ce tribunal militaire stipendié et manipulé de haute main par le palais de Kossyam se délecte d’accusations aussi bien farfelues que farcesques depuis quelques années, et contribue à saper autant la paix inter-burkinabé que la paix sous-régionale Ouest africaine par sa chasse ubuesque aux sorcières.

Ce qu’on ne comprendra probablement jamais, c’est la raison pour laquelle ce Tribunal militaire burkinabé n’ose pas adresser de mandat d’arrêt international contre le Président ivoirien Alassane Ouattara - un fils adoptif de longue date du Burkina Faso d’ailleurs-, qui est réputé avoir fourni finances, armes et munitions au Général Diendéré pendant le putsch de septembre 2015, selon les dires attestés du Général Diendéré lui-même !? Pourquoi le Tribunal militaire s’acharne-t-il bien au contraire contre le Général Bassolé et le Président Guillaume Soro, alors même que des expertises allemandes et françaises ont largement établies l’inauthenticité des conversations téléphoniques qu’on s’est empressé de leur attribuer relativement à ce énième putsch burkinabé ? En réalité, le régime ivoirien veut écarter par tous les moyens Guillaume Soro de la présidentielle 2020. A défaut d’avoir de bonnes raisons, il s’acharne à en fabriquer des fausses. Réussira-t-il ? Rien n’est moins sûr. Nous en avons vu d’autres !

Serein et imperturbable, Guillaume Soro poursuit son sacerdoce pour le Peuple de Côte d’Ivoire. Ceux qui tiennent à faire éclater toute la vérité sur les putschs du Burkina Faso finiront manifestement par s’offrir un coup de boomerang fatal : les coupables véritables ne sont pas ceux qu’on croit ! Ici encore, comme toujours, citons Lévi-Strauss : "Le barbare, c’est celui qui croit à la barbarie".

En effet, et décidément, qui vivra verra le fin mot de toute cette affaire. L’avenir n’est-il pas gros de surprises pour les niais des deux bords de la frontière ivoire-burkinabé ?


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